Questions à


 Véronique Gougeon


 
Représentante à Nantes de l’association France Cancer qui récolte des bouchons de liège pour faire avancer la recherche sur la maladie.


Faire de chaque bouteille de vin, de cidre ou de champagne un acteur de la lutte contre le cancer, voici le pari de Véronique Gougeon. Cette ancienne secrétaire médicale récolte des bouchons de liège. Victorieuse d’un cancer du sein, elle porte à bout de bras les intérêts de cette association, fondée il y a un peu plus d’un an par deux Nantais.

1 Comment se passe la récolte des bouchons de liège ?

2 Que deviennent-ils ?

3 Où en est la lutte contre la maladie aujourd’hui ?

1 C’est très simple. Tous les quinze jours, je me rends dans des crêperies, restaurants et autres brasseries de Nantes. Je récolte ainsi des bouchons en liège issus de bouteilles de vin, champagne ou cidre. Comme je suis la seule représentante de France Cancer à Nantes, tout est stocké dans mon garage. Je ne vous raconte pas son état ! Cela prouve en tout cas que l’accueil qui m’est réservé est vraiment très chaleureux. Partout, on m’a toujours dit « oui ». Le contraire aurait été décevant.

2 Ils sont revendus à un liégeur des Landes, qui les recycle pour fabriquer des sous-main, des balles de baby-foot ou des tableaux d’affichage. Le produit de cette vente est entièrement reversé à la recherche sur le cancer. Petit détail : ce liégeur ne se déplace à Nantes que si l’on a rassemblé un minimum de douze tonnes de bouchons. Et je peux vous dire que douze tonnes, en liège, ça prend du temps pour les réunir. Et puis il faut faire attention aux faux bouchons, ceux qui ont un embout en plastique. Ceux-là, je n’en veux pas. Je les reconnais tout de suite, ils n’ont pas la même odeur, certains disent qu’ils ne font pas le même bruit quand on débouche.

3 On a fait beaucoup de progrès en matière de recherche. Mais il y a encore 150 000 morts par an. J’ai été atteinte d’un cancer du sein. Mon père, lui aussi, a été touché par la maladie. Il n’a pas survécu. Au-delà de mon cas personnel, j’aimerais souligner l’importance du soutien psychologique. Moi, j’ai eu un mental solide. Je me suis rattachée à mes enfants, à ma famille. Je me suis dit : « Ce n’est pas la maladie qui m’aura, c’est moi qui l’aurai ». Et je l’ai eue. Une part importante du combat se joue dans la tête. Je me souviendrai toujours de ce matin où, dans ma chambre d’hôpital, j’ai dit à une infirmière : « Bonjour, comment allez-vous ? » Elle a été très étonnée que les rôles s’inversent, pour une fois.



Propos recueillis par Yann-Olivier Bricombert